C.d.C.#45 1972 L'Homme de la rue : Paul Louka - Georges Moustaki - Marc Ogeret - Bernard Haillant
1972 L’Homme de la rue : Contexte historique
C.d.C.#45 1972 L’Homme de la rue. L’après 1968 voit des communautés de jeunes se former qui rêvent de changer le monde. En luttant pour le pacifisme et contre la société de consommation. Par la remise en cause du travail salarié et de la famille traditionnelle. Par le retour à la terre dans des régions difficiles dépeuplées par l’exode rural.
L’idée de fuite à la campagne connaît une véritable explosion. Les aspirations se fondent sur le mythe d’une nature comprise en tant que désert, là où l’État serait absent, mais aussi en tant qu’espace non pollué par la société.
L’objectif est de transformer ces endroits-là en lieux de bonheur où l’on vivrait une autre manière de travailler, de consommer, en communauté respectant la nature. Inventer un autre modèle de société.
Certaines y parviendront, par exemple Longo Maï.
À l’international, en 1970 l’élection de Salvador Allende au Chili et les mesures du gouvernement de L’unité Populaire au profit des travailleurs chiliens soulèvent un immense espoir chez les progressistes du monde entier. Un monde nouveau est possible.
Les titres sont maintenant directement accessibles en cliquant sur leur horodatage (en rouge), il suffit d’attendre quelques secondes et le lecteur diffusera la chanson choisie.
Biographie de Paul Louka
Vital-Paul Delporte, alias Paul Louka, chantauteur, peintre et écrivain belge naît à Marcinelle (banlieue de Charleroi) en 1936. Son père, courtier en charbon fait de la comédie et de la radio. Sa mère joue au piano les chansons de Charles Trénet.
Vital-Paul a deux frères : Charles qui plus tard quittera l’enseignement pour se consacrer à la peinture et Jacques, instituteur et poète talentueux. C’est donc une famille qui baigne dans l’art.
D’abord, après études secondaires, Vital-Paul prépare une licence en histoire de l’art et en iconographie. Parallèlement, il crayonne de la bande dessinée avec Will et écrit aussi des chansons.
Début de la carrière artistique de Paul Louka
En premier lieu, en 1958, dans le cadre de l’exposition universelle de Bruxelles (l’Atomium), en plein déferlement raciste au sud des États-Unis d’Amérique et à deux ans de la décolonisation du Congo, Paul Louka fait scandale en chantant « Mon copain le nègre ». Cela en dit long sur son état d’esprit : Il ne sera chanteur que si la chanson lui permet de parler de liberté, de ceux qui souffrent, des intolérances.
Puis, en 1959, Paul Louka rencontre Jacques Brel qui l’encourage et l’invite à aller à Paris. Là-bas, il devient rapidement la coqueluche de tous les petits cabarets. Louka est chaleureux et ses textes généreux affirment ses positions contre le racisme, l’intolérance et son amour de la liberté.
Ensuite en 1962, c’est la rencontre avec Georges Brassens et le début d’une grande amitié qui durera jusqu’à la mort du chanteur sétois.
Ainsi il signe chez Philips et fait paraître trois 45 tours en 1963. Il reçoit le prix de la presse au festival de Knokke.
De fait, Paul Louka est sur scène en 1964 avec Guy Béart et Juliette Gréco. Mais aussi en première partie de Georges Brassens en 1965. Il fera régulièrement les premières parties de son ami.
Puis, à la fin des années 1960, Paul Louka s’investit dans la télévision et devient programmateur présentateur et chanteur dans l’émission Bidulement vôtre.
Discographie 1963-1979 de Paul Louka
Après les trois 45 tours de 1963, Paul Louka va faire paraître en :
- 1965 un album 33 tours Chante pour des prunes + un 45 tours Toi (Philips)
- 1966 deux 45 tours La femme à Jean & L’amour dans tout ça (Philips)
- 1967 un 45 tours Au fil des jours (Philips)
- 1969 deux 45 tours Le printemps de Prague & Sacramento (Barclay)
- 1970 un 45 tours Rendez-vous (Barclay)
- 1971 un album 33 tours collectif de textes avec Achille Chavée et Robert Delieu (Daily-Bul)
- 1972 un album 33 tours Petite liberté (Meys)
- 1974 un album 33 tours Je suis un enfant (Barclay)
- 1975 deux 45 tours Ne pleure pas & Ma guitare n’est plus espagnole (Barclay)
1976 un album 33 tours Le veinard et le roi (Barclay) - 1978 un album 33 tours Ces demoiselles (IBC)
- 1979 double album en public (RCA)
https://www.antiwarsongs.org/artista.php?id=3141&lang=fr&rif=1
Chansons de la 1ère partie : L’homme de la rue : Bonheur
02:56 Claude Vinci : Mes racines : Claude Vinci – Jean-Claude Petit : 1972
05:16 Maria Pergolèse : Les chevaux de bois : Paul Verlaine – Lino Pirollo : 1972
08:10 Christiane Perrin : Bonheur : Élèves de « L’école moderne française » – Christiane Perrin : 1972
09:10 Paul Louka : Tante Sarah : Georges Alias – Paul Louka : 1972
12:58 Raymond Lévesque : Bozo les culottes (reenr.) : Raymond Lévesque : 1972
Biographie de Georges Moustaki (2ème partie) : 1966 / 1972
Première partie de la biographie de Georges Moustaki
Barbara et Georges Moustaki s’étaient rencontrés à l’Écluse et avaient tissé une amitié. En 1966, ils avaient co-écrit « La dame brune », « Je ne pourrai jamais la chanter sans toi, nous voilà enchaînés…» lui avait-elle dit.
De fait, pas vraiment encore chanteur, Georges la suit en tournée, juste pour le duo. Jusqu’au soir où Barbara, prise d’un malaise, doit quitter la scène et voilà Georges Moustaki qui doit assurer devant un auditoire relativement important.
Le temps que Barbara se remette suffit ce soir-là pour que se produise « quelque chose » qui lui indique le chemin à suivre.
Puis quelque mois plus tard, Barbara lui fait rencontrer Serge Reggiani. Le comédien de 44 ans veut débuter une carrière de chanteur. Georges lui écrit « Sarah », « Ma solitude » & « Ma liberté ».
Reggiani devient alors chanteur à succès, Georges revient à l’avant-scène comme auteur-compositeur et ne va pas tarder à lui emboîter le pas comme interprète.
Début du succès de Georges Moustaki
En premier lieu, Le succès de Serge Reggiani entrouvre les porte de Polydor qui ne consent pourtant qu’à l’enregistrement de deux 45 tours 2 titres. Joseph & Il est trop tard puis Le Métèque & Voyage.
La chanson « Le Métèque » a été très difficilement acceptée par Polydor. Voilà ce qu’en disaient alors les « gens éclairés » du show-business :
« Un rythme démodé, un refrain inexistant, un titre rebutant, un thème peu divertissant, une pochette ignoble. Elle a tout pour plaire… »
Des visionnaires !
Cependant, Georges est invité à Discorama, l’émission de Denise Glaser, il y interprète Le Métèque. Le succès est foudroyant, le disque est premier au « hit parade ». C’est pourquoi, le premier album de Moustaki paraît en juillet 1969 avec une postface de Barbara et un texte de Georges Brassens datant de 1954.
L’album reflète une personnalité décalée, hors courant. Personne (et surtout dans le show-business…) n’image alors à quel point elle est en adéquation avec un air du temps sur le point d’advenir. Avec ses besoins d’errance, de rupture, d’inventer un mode neuf, fraternel, yeux ouverts sur le monde.
Ensuite, en janvier 1970 Georges Moustaki et Catherine Le Forestier sont à Bobino. Paraît alors son premier disque en public où il reprend d’anciennes chansons : Eden Blues et Donne du rhum à ton homme.
[Sources : Chorus n°15 – Je Chante n°20 ]
Discographie 1966 / 1972 de Georges Moustaki
Après les huit 45 tours enregistrés entre 1960 et 1964, Georges Moustaki fait paraître en :
- 1966 un 45 tours Dire qu’il faudra mourir (Ducretet Thomson)
- 1969 un album 33 tours Le Métèque (incluant les chansons des 45 tours) (Polydor)
- 1970 un album 33 tours Bobino 70 en public + un 45 tours Chante Theodorakis (Polydor)
- 1971 un album 33 tours Il y avait un jardin (Polydor)
- 1972 un album 33 tours danse + trois 45 tours BOF Mendiants et orgueilleux, 17 ans & BOF Le trèfle à 5 feuilles (Polydor)
Chansons de la 2ème partie : L’homme de la rue : Peuple
18:25 Georges Moustaki : Les marchands : Georges Moustaki : 1972
20:29 Vanina Michel, A Barrière : Les rêves d’enfant : Alain Barrière : 1972
23:02 Jean-Paul Marchant : La fièvre : Jean-Paul Marchant : 1972
25:15 Eva : Peuple : Pierre Grosz – Paul Koulak : 1972
28:29 Roger Cunéo : Les actionnaires : Roger Cunéo : 1972
Biographie de Marc Ogeret (2ème partie)
Première partie de la biographie de Marc Ogeret
Au début des années 1960, Marc Ogeret chante dans les cabarets « poétiques » : La Colombe, Chez Bernadette, Chez Georges, La Contrescarpe…
D’abord, en 1962, il reçoit le prix de l’Académie Charles Cros puis en 63 celui de l’Académie de la chanson.
Ainsi, alors qu’il donnait un spectacle « Aragon » aux Trois baudets, Marc Ogeret est approché par André Clergeat, producteur chez Vogue, pour enregistrer un album complet consacré à Aragon. Marc accepte, à condition que l’album paraisse dans une collection populaire. La poésie pour tous en quelque sorte.
Enregistré en un seul après-midi, l’album paraît en mai 1966 et reçoit un très bon accueil du public.
Ensuite, en 1968, grâce à ce succès, André Clergeat, lui propose de choisir des thèmes dans la collection » Florilège de la chanson française » . Comme le thème de la Commune et celui de la contestation en général lui plaisait bien, Marc Ogeret choisit donc « Autour de la Commune » et « Chansons «contre»« .
Les deux disques seront enregistrés, leur parution prévue en avril sera reportée… Ils paraitront en 1970. Les deux albums seront récompensés à nouveau du prix de l’Académie Charles Cros.
Marc Ogeret et la mer
En effet, Marc Ogeret a une passion pour la mer. Celle-ci date du début des années 1950, au Centre d’art dramatique de la rue Blanche où son prof de gym avait proposé une initiation à la voile. En conséquence, il s’intéresse aux chansons de marins.
Marc Ogeret enregistrera donc plusieurs albums consacrés à la marine et aux hommes de la mer.
Discographie de Marc Ogeret 1962-1973
- 1962 trois 45 tours 4 Chansons de Pierre Seghers n°3 + 4 chansons de marins bretons + participation au collectif Chansons sur mesure (Pacific)
- 1963 trois 45 tours J’entends, j’entends + Chansons de Bret et recouvrance (Orphée) + participation Max-Pol Fouchet – Poésie et chanson 9 (Reflets SM)
- 1964 un album 33 tours Le condamné à mort + participation 45 tous collectif Noëls insolites (Orphée)
- 1965 un album 33 tour Les ballades d’autrefois (Musidisc)
- 1966 un album 33 tour Chante Aragon ( Vogue)
- 1967 un 45 tours Protestation (Vogue)
- 1968 deux albums 33 tours Autour de la Commune 1846 – 1888 + Chansons « contre » (enregistrements) (Vogue)
- 1969 un album 33 tours participation à On a chanté les maisons closes (Vogue)
- 1970 trois albums 33 tours Chansons de la marine en bois + La mer + Chansons salées de la marine à voile (Vogue)
- 1971 un album 33 tours Le condamné à mort (Le Cavalier)
- 1972 un album 33 tours Rencontres (Vogue)
[ sources : La Cabaret « rive gauche » de Gilles Schlesser – Le Maitron – Chorus n° 16 ]
Chansons de la 3ème partie : L’homme de la rue : La Blanche hermine
32:54 Marc Ogeret : La grille : Jean-Max Brua : 1972
35:44 Monique Tréhard, Alain Jaffro : La blanche hermine : Gilles Servat : 1972
39:02 Gilles Servat : Koc’h ki gwenn ha koc’h ki du : André & Gilles Servat : 1972
Biographie de Bernard Haillant
Bernard Haillant, chantauteur français, naît à Nancy en 1944. Son père, Gaston, est ferronnier-serrurier à la SNCF. Il sera homme d’équipe puis facteur aux écriture et employé de bureau dans les différents sites SNCF de la région. Syndicaliste, il sera secrétaire puis vice-président des cheminots CFDT. En outre, Gaston aurait aimé être artiste peintre. Un mélange de culture et de social qui ne sera pas sans influence sur son fils.
Bernard grandit sans histoire, il chante dans les chorales scoutes. À l’école, Bernard cultive un certain talent de cancre avant d’obtenir son BEPC (maintenant Brevet des collège, en 3ème).
Il reçoit alors une guitare en récompense qui va précipiter son adieu aux études. En outre, il a découvert Brel :
« Ça m’a fait un choc ! Qu’on puisse s’exprimer ainsi avec la chanson, toucher aussi profondément les gens… j’étais sidéré ».
En 1959, Bernard a 15 ans, il écrit ses premières chansons, se donne en spectacle dans les feux de camp et conquiert ainsi son premier public.
Puis, il crée un groupe avec des copains de son quartier : Les Baladins de Nancy.
Ainsi, en 1963 paraît leur unique 45 tours autoproduit » Les Baladins interprètent… » 4 chansons que Bernard à écrites et composées.
C’est pour cela qu’il est remarqué par l’étiquette Bel Air qui lui fait enregistrer son premier 45 tours solo en 1964… avant de faire faillite. Il entre alors à la SNCF.
Début de la carrière artistique de Bernard Haillant à Paris
Mais, en 1966, Bernard Haillant saute le pas, il quitte Nancy et part à Paris à la conquête de la capitale :
« Le spectacle de La Contrescarpe venait de s’achever […] Mais Arlette, la patronne, est venue nous dire : si vous voulez rester, je vais vous présenter un jeune qui arrive tout droit de Nancy, écoutez-le !
Encore un barbu à guitare, chemise à carreaux et pantalon de velours. Les lumières s’éteignent, restent quelques bougies… C’est ainsi que nous avons découvert Bernard Haillant, qui a dû, ce soir-là, nous chanter tout ce qu’il savait, avec, déjà, cette espèce de culot et sa façon si particulière de jouer avec sa voix de tête.
Moment magique où chaque silence est palpable, où tous les présents semblent ne plus vouloir faire qu’un avec le chanteur […] ».
Engagé à La Contrescarpe, Bernard y chante jusqu’à la fermeture du lieu en avril 1970. Entretemps, il effectue une première tournée, passe à la Fine Fleur de la Chanson française.
Puis, paraît son deuxième 45 tours « Mes enfants » chez Decca… en mai 1968 ! L’été les cabarets parisiens sont fermés. Bernard Haillant se trouve réduit à faire la manche sur la Côte d’Azur où il rencontre Mannick.
Bernard Haillant et le groupe Crëche.
Par ailleurs, en juillet 1969, alors que Bernard Haillant tourne en première partie de John Littleton en compagnie de Mannick, Jo Akepsimas, Jean Humenry et de Gaëtan Courrèges, la formation d’accompagnateurs ainsi constituée décide de jouer ensemble. Le groupe Crëche, d’obédience catholique, vient de naître :
« On présentait chacun un mini-tour de chant, accompagné ou non par les autres, avant une deuxième partie plus festive. On ajoutait un diaporama, on faisait du folk, on emmenait les gens avec nous à l’extérieur pour les faire danser, Gaëtan crachait le feu.. C’était assez étonnant ».
Bernard participe activement aux orchestrations comme à la mise en scène : avec Aragon ou Vian au répertoire, on est loin du prosélytisme religieux. De fait, il se fait agresser en Vendée :
« On me reprochait de chanter des insanités ! ».
Crëche fera paraître trois albums avant sa dissolution vers la fin des années 1970
En 1972, Bernard réalise un voyage dans le Pacifique qui va bouleverser sa vision du monde.
[sources : Chorus n° 17 – Le Maitron – Le cabaret « rive gauche de Gilles Schlesser]
Discographie solo de Bernard Haillant 1964 / 1972
- 1964 un 45 tours : Mille boules de neige (Bel Air)
- 1968 un 45 tours : Mes enfants (Decca)
- 1970 un 45 tours : Le jour où nous seront vieux (Reflets SM)
- 1971 deux 45 tours : Chansons ouvrières 1 & 2 (Studio SM)
- 1972 un album 33 tours : Ça fait grincer des dents (Studio SM)
Chansons de la 4ème partie : L’homme de la rue : L’embellie
46:40 Bernard Haillant : Ça fait grincer des dents : Bernard Haillant : 1972
49:28 Marie Minois : L’homme de la rue : Marie Minois – Raymond Ruer : 1972
51:49 Jean-Max Brua : L’homme de Brive : Jean-Max Brua : 1972
55:07 Juliette Gréco : L’embellie : Maurice Fanon – Gérard Jouannest : 1972
57:57 Hélène Martin : Mouvement perpétuellement bon : Hélène Martin : 1972