CdC #12 : 1958 Débuts de Serge Gainsbourg – Nicole Louvier – Une soirée à l’Écluse – Débuts de Pierre Louki

Débuts de Serge Gainsbourg – Colette Chevrot – Pauline Julien

Lucien Ginzburg alias Serge Gainsboug, chantauteur, peintre et cinéaste français, naît à Paris en 1928.
Poussé par un père, musicien, Lucien apprend le piano classique puis s’oriente vers la peinture qu’il abandonnera par la suite.
Pendant l’occupation nazie ses parents juifs d’origine ukrainienne doivent fuir en zone libre et se cacher. Lucien est inscrit dans un collège public à Saint-Léonard-de-Noblat sous une fausse identité.
Après la Libération, la famille rentre à Paris. Lucien en échec scolaire abandonne avant le bac et s’inscrit au Beaux-Arts sans poursuivre jusqu’au bout.
1948,il fait son service militaire, est envoyé régulièrement “au trou” pour insoumission. Privé” de permission, il s’enivre avec ses camarades, devient alcoolique mais c’est à cette époque qu’il apprend à jouer de la guitare.
En 1955, devenu Serge Gainsbourg, il est engagé au cabaret Milord l’Arsouille pour tenir le piano et accompagner Michèle Arnaud à la guitare. Son destin va basculer le jour où il assiste au tour de chant de Boris Vian. En l’entendant, il se dit qu’il peut faire quelque chose avec cet art qu’il considère comme mineur. Quelques mois plus tard, il interprète quelques unes de ces œuvres devant Michèle Arnaud et Francis Claude. Ce dernier raconte la suite : “Le soir même, Serge, mort de trac, débute au Milord dans un tour de chant établi à la hâte et c’est le triomphe auquel nous nous attendions déjà. La seule chose que nous n’avions pas prévue c’est qu’entre chaque chanson il essaierait de se sauver et que nous serions obligés de nous battre pour le ramener sur scène.”

Chansons de la 1ère partie :

02’04 Serge Gainsbourg : Le poinçonneur des Lilas : Serge Gainsbourg : 1958
05’01 Michelle Arnaud : La recette de l’amour fou : Serge Gainsbourg : 1958
06’48 Jean-Claude Pascal : Douze belles dans la peau : Serge Gainsbourg : 1958
08’24 Colette Chevrot : Le corbeau : Bernard Dimey, Serge Beucler – Maurice Darnell : 1958
11’17 Pauline Julien : Moi, j’en ai marre : Raymond Lévesque : 1958

Nicole Louvier Jean Yanne – Mistigri – Paulette Rollin – Simone Bartel

Nicole Louvier, chantautrice, poétesse et écrivaine française naît en 1933. Durant l’occupation nazie, ses parents tailleurs, d’origine juive doivent fuir, la petite Nicole est cachée chez des paysans bretons.
Très précoce, partagée entre la littérature et la musique, elle écrit des textes pour la musique et compose à la guitare de manière totalement autodidacte.
En 1953 paraît un 1er 78 tours, elle reçoit les encouragements de Daniel-Lesur (compositeur et organiste) ce qui lui donne confiance pour persévérer.
Elle est engagée dans les cabarets, c’est la première chanteuse française à s’accompagner à la guitare, précurseur d’Anne Sylveste. Elle se révèle comme une grande poétesse.
Malgré son réel succès populaire et les louanges unanimes, Nicole Louvier disparaît rapidement des scènes des cabarets et des ondes de la radio, victime du succès de son roman à scandale sur l’homosexualité féminine “Qui qu’en grogne”

Chansons de la 2ème partie :

16’10 Mistigri : La râlante des chanteurs de rues : Maurice Albas – Gastony : 1958
19’40 Jean Yanne : La gamberge : Jean Yanne : 1958
21’52 Paulette Rollin : Julie : Maurice Vidalin – Jacques Datin : 1958
24’48 Simone Bartel : L’amour : Léo Ferré : 1958
26’40 Nicole Louvier : Hélène : Nicole Louvier : 1958

Une soirée à l’Écluse – Caroline Cler – Barbara – Giani Esposito

 

Le cabaret l’Écluse

Elie Ozeranski, alias Léo Noël est un chanteur, musicien et goguettier français né en 1913, décédé en 1966. C’est en ce produisant au Lapin Agile qu’il y rencontre le duo Marc et André ainsi que Brigitte Sabouraud. De la rencontre de ce quatuor naîtra l’Écluse en février 1951. cluseAu début, comme ses trois associés, Léo Noël chante chaque soir mais il abandonnera vite sa carrière de chanteur pour se consacrer à l’animation du cabaret.
Par sa taille réduite et ses 50 spectateurs tassés, l’Écluse est un cocon, un lieu magique où l’on se sent chez soi. Le plus souvent, à part un ou deux numéros, les gens ne savent pas ce qu’ils vont voir ou entendre. Ils font confiance. Vaneck se souvient des années “Écluse” :” Nous nous confrontions à un public, nous sentions ses réactions par rapport à ce que nous disions. Public pas forcément indulgent, capable de réagir durement selon ce qui lui était présenté, mais extrêmement chaleureux, qui ne venait pas seulement pour boire un coup ou se rencontrer. mais pour écouter et découvrir. C’est curieux, je n’ai jamais retrouvé ce genre de spectateurs.”

Giani Esposito

Giani Esposito, chantauteur, poète et acteur français, naît à Ettebeek (Belgique) en 1930. Sa mère est Française, son père Italien.
Acteur de formation, Giani fait partie de ces figures mythiques et confidentielles qui ont traversé sur la pointe des pieds les années 1950-1960.

En 1952, éclectique, curieux de toute expression créative, Giani se lance dans la chanson. Au début, il a du mal à imposer les textes étranges et décalés qu’il psalmodie lors des auditions dans les cabarets. Néanmoins, il éveille la curiosité de Nico Papatakis (Rose Rouge) et de Léo Noël (L’Écluse) et parvient à se faire entendre par un public attentif.

Entre 1953 et 1955 on physique de beau ténébreux, associé à un charme mystérieux lui vaudra de tourner dans des films de Cayatte, Bunuel ou Astruc.
En 1958, il participe à un disque collectif “Une soirée à l’Ecluse” avant de rencontrer le succès avec son 1er album de 1959.

Chansons de la 3ème partie :

31’38 Léo Noël : La complainte de Mackie : Bertolt Brecht, adapt. Boris Vian – Kurt Weill : 1958
34’06 Caroline Cler : La voix du sang : Francis mainville : 1958
36’53 Marc et André : Un souper chez les Borgia : Jean Parédès – Pauline Campiche : 1958
39’50 Barbara : Les amis de Monsieur : Eugène Héros, Albert Cellarius – Harry Fragson, Lucien Del : 1958
41’50 Giani Esposito : Les clowns : Giani Esposito : 1958

Pierre Louki – Jean Ferrat – Clémence Desrochers – Lucette Raillat – Paul Braffort

Pierre Varenne, alias Pierre Louki, chantauteur, comédien, horloger français, naît à Briennon-sur-Armançon (Yonne) en 1920. Ses parents sont instituteurs, le père militant syndicaliste communiste.
Écolier, il fréquente la classe de son père, adepte de la méthode Freinet. Très jeune, il commence à écrire dans une revue pour enfants, apprend le violon et pratique le sport (demi-fond). Ensuite, il fait des études à l’École nationale d’horlogerie de Besançon puis travaille chez Lip.
Au début de la guerre, il rejoint sa famille à Briennon. Son père est révoqué de son poste d’instituteur par le régime de Vichy puis l’année suivante déporté à Auschwitz où il est assassiné par les nazis.
Appelé pour le S.T.O. il devient réfractaire et se cache. Il participe à la Résistance et sert dans le premier régiment du Général De Lattre de Tassigny.

À la Libération, Il reprend la boutique d’horloger de son ancien patron mais, pris d’intérêt pour la comédie, part pour Paris où il installe une boutique d’horlogerie en suivant parallèlement des cours de l’Éducation Par le Jeu Dramatique.
En 1953, Roger Blin lui offre un rôle dans “En attendant Godot”, Il rencontre le compositeur Jacques Lacôme qui lui met en musique “La môme aux boutons” qui, avec l’interprétation Lucette Raillat, rencontre le succès public. La carrière musicale de Pierre Louki débute alors….
1958, paraît son 1er 45 tours “Chansons zidiotes”. Les commentateurs le prennent alors pour un “rigolo” sans voir que derrière ses blagues se cachait un authentique poète. Georges Brassens, lui, ne se trompe pas et l’adopte aussitôt.

Chansons de la 4ème partie :

47’27 Jean Ferrat : Les mercenaires : Dauvilliez – Jean Ferrat : 1958
50’14 Pierre Louki : Je ne ferai jamais : Pierre Louki – Jean Lemaire : 1958
53’02 Clémence DesRochers : L’enfant de Marie : Clémence DesRochers : 1958
55’41 Lucette Raillat : Partie carrée : Marcel de Lihus : 1958
57’47 Paul Braffort : Le petit atome : Paul Braffort : 1958