C.d.H.#53 1970-1977 Rock progressif français

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C.d.H.#53 1970-1977 Rock progressif français : Mahjun - Albert Marcœur - Magma - Alice

1970-1977 Rock progressif français : Contexte historique

Le festival de Woodstock aux E.U.A. et ceux de Wight au R.U. ont fait rêver les amateurs de rock en France mais certainement pas Raymond Marcellin, le sinistre de l’intérieur, ancien vichyste recyclé dans le gaullisme . Ce dernier ne goûte pas du tout ce genre de divertissements, générateurs, à ses yeux de débauches illimitées « sexe, drogue et rock’n’roll ». De plus, à Aix, le prix d’entrée est excessif, ce qui amène une partie du public à forcer les barrières et entrer sans payer. Florence Tamagne résume bien le problème :

« Le festival pop reposait sur un paradoxe : mise en scène de l’idéal hippie pacifiste et libertaire, expression supposée de la contre-culture contre la consommation de masse, il n’en devait pas moins répondre à des impératifs minimums d’organisation et de rentabilité, sauf à disparaitre. »

Cependant, entre les 24 et 28 octobre 1969, le festival d’Amougies, en partenariat avec le magazine Actuel avait pu avoir lieu… en Belgique. Frank Zappa était le maître d’une cérémonie qui réunissait Pink Floyd, Gong, Ame Son, Soft machine, Captain Beefheart, etc… du très beau monde !

À l’issue de l’été 1970, un manifeste sera rédigé par plusieurs groupes sous l’intitulé le FLIP (*) afin d’essayer d’éclaircir les rapports entre organisateurs, artistes et public. Sans effet, mais il aura le mérite de préciser la place du Pop dans la nouvelle culture émergente. (à l’époque on disait « Le Pop » mais le terme a été vite récupéré par les marchands de soupe)

* FLIP : Front de Libération et d’Intervention Pop

[ source : d’après Rock’o’rico 25 ans de culture rock en France de Christian-Louis Eclimont ]


Histoire du groupe Maajun

Jean-Louis Lefebvre, alias Jean-Louis Mahjun, chanteur – compositeur français fonde le groupe Maajun en 1969. Avec ses compères, Jean-Pierre Arnoux, Cyril Lefebvre, Alain Roux et Roger Scaglia, ils considèrent que : « la musique n’est qu’une manifestation artistique du bruit ambiant ».

En 1971, ils réussissent à enregistrer un album « Vivre la mort du vieux monde » par un réseau de relations et en une seule prise. Vogue, la compagnie, s’attendant à un album de pop-rock gentillet et l’ayant écouté, refuse de le sortir.
En effet, Maajun est membre du FLIP – à l’époque on ne parlait pas de musique rock mais de la Pop, (le rock étant limité au rock’n roll) – dont le manifeste est :

« La Pop, c’est autre chose qu’un marché, c’est une autre façon de vivre qui passe nécessairement par la contestation radicale de la société bourgeoise, de ses lois, de l’aliénation qu’elle secrète et qui, hydre à mille têtes, nous étouffe tous… »

Le groupe multiplie les concerts et gagne l’adhésion du public. La maison de disque finit par sortir l’album à très peu d’exemplaires. Mais Maajun se sépare à la parution de cet album.

Suite : Le groupe Mahjun

Jean-Louis Lefebvre et Jean-Pierre Arnoux fondent alors le groupe Mahjun. Ils font paraître deux albums chez Saravah. Comme ils sont le seul groupe chez Saravah, ils sont amenés à accompagner régulièrement Jacques Higelin, Jean-Roger Caussimon et David Mc Neil. En particulier lors du Festival de Carpentras en 1972, en soutien à la maison de disques dont les finances sont au plus bas.
Le groupe disparaît au début des années 80. Mais Jean-Louis Lefebvre va entamer une carrière solo sous le nom de Jean-Louis Mahjun.

Discographie de Mahjun ( 1971 / 1979 )

1971 Un 33 tours : Vivre la mort du vieux monde (Maajun) (Vogue)
1973 Un 33 tours : Le jus de la figue (Saravah)
1974 Un 33 tours : Fils à Colin-Maillard (Saravah)
1977 Un 33 tours : Happy French Band (RCA)
1979 Un 33 tours : Par les temps qui courent (CBS)


Chansons de la 1ère partie : 1970-1977 Rock progressif français : Sec beurre cornichons

02:51 Gong                     : Radio Gnome                  : David Allen : 1971
03:18 Mahjun                  : Sec beurre cornichons : Jean-Pierre Arnoux – Jean-Louis Lefebvre : 1977
07:48 Dashiell Hedayat : Chrysler                           : Dashiell Hedayat : 1971

Albert Marcœur
Albert Marcœur
Albert Marcoeur - C'est raté, c'est raté
Albert Marcoeur - C'est raté, c'est raté

Biographie d’Albert Marcœur

Formation musicale d’Albert Marcœur

Albert Marcœur, chanteur musicien et compositeur français inclassable, naît à Dijon en 1947 .
Il étudie la clarinette au Conservatoire National de Musique et d’Art Dramatique de Dijon entre 1958 et 1966.
Ainsi, au lycée, il joue de la clarinette dans plusieurs groupes : d’abord The Jazz Babies (1963) puis The Lake’s men 1&2 ( 1965 et 1967).


Albert Marcœur est passionné par la musique, sa seule envie c’est de travailler avec des cuivres, de mélanger rock, rythm n’blues et il ne sait quoi.
Il désire expérimenter, composer sa propre musique.

Début de la carrière professionnelle d’Albert Marcœur

D’abord, il trouve du travail au studio Frémontel à Le Fidelaire (Eure). Jacques Denjean, propriétaire du studio, avait besoin de musiciens sur place pour éviter à sa clientèle les allers-retours Paris / Le Fidelaire.
C’est ainsi qu’avec ses camarades Patrice Tison (Guitares), François Bréant (Claviers), Pascal Arroyo, Albert Marcœur forme un groupe Les Kapak. Albert officie à la batterie.

Quand le studio est libre, ils peuvent composer et enregistrer. Et ainsi apprendre, corriger les maladresses et les imperfections. En outre, Albert peut découvrir le multipiste et se familiariser avec les techniques d’enregistrement. Ce qui va être déterminant pour la suite de sa carrière.
En 1974 paraît son 1er album C’est raté, c’est raté. Un album très original.

Discographie 1974 / 1979 d’Albert Marcœur

1974 Un 33 tours : C’est raté, c’est raté (Atlantic / WEA)
1976 Un 33 tours : Album à colorier (Atlantic / WEA)
1979 Un 33 tours : Armes & cycles (Philips)

Chansons de la 2ème partie : 1970-1977 Rock progressif français : Le père Grimoine

17:30 Albert Marcœur       : Le père Grimoine              : Albert Marcœur : 1976
21:00 Triangle; Stéphane Grappelli : Éloge de la folie : Triangle : 1973
25:53 Komintern                : Fou, roi, pantin                   : Arthur Rimbaud – Komintern : 1971

Histoire du groupe Magma

Enfance et formation de Christian Vander

Christian Vander, batteur, pianiste et compositeur français, naît à Nogent-sur-Marne en 1948. Son père, Maurice Vander est le célèbre musicien qui composa une bonne partie des musiques de Claude Nougaro.
Dans un premier temps, Christian est élevé par son oncle et sa tante. Pour toute musique, il écoute de l’accordéon à la radio, jusqu’au jour où sa mère lui apporte quelques disques classiques et de jazz. Il est particulièrement marqué par « Le sacre du printemps » d’Igor Stravinski.
Un peu plus tard, lorsqu’il vient habiter chez sa mère, il découvre le jazz et en particulier John Coltrane :

« À partir de l’âge de onze ans, mon pain c’était Coltrane. Lorsque je l’écoutais, j’oubliais tout le reste ».

Sa mère étant très liée au milieu du jazz, Christian voit défiler chez elle de nombreux musiciens, notamment Elvin Jones, le batteur de Coltrane. À la suite de cette rencontre, il décide d’apprendre, mais faute d’instrument, il doit se contenter de caisses ou de lessiveuses. Quelques temps plus tard, il a l’occasion de rencontrer Chet Baker qui se prend d’amitié pour l’adolescent. Chet passe plusieurs jours avec Christian pour lui faire travailler ses schémas rythmiques et puis s’arrange pour lui procurer une vraie batterie (volée au Chat qui pêche, une boîte de jazz de la rue de la Huchette à Paris paraît-il).

Finalement, à quinze ans, l’apprenti batteur se met à fréquenter les clubs de jazz parisiens où il revoit Elvin Jones. Ensuite Christian Vander fait ses premières armes dans différents groupes.

Création de Magma

Début 1969, Christian Vander est sollicité par le bassiste Laurent Thibault pour jouer de la musique d’ambiance dans les casinos. Or, un jour, au lieu de jouer la soupe demandée, les musiciens sèment la panique en se lançant dans un free jazz sauvage. Christian, derrière sa batterie fulmine et se met à pousser des hurlements. L’idée d’une groupe naît à ce moment-là.

Pour enrichir celui-ci, Christian recrute Claude Engel (Omega plus) et Klaus Basquiz (chanteur de Blues Convention).
Uniweria Zekt Magma Composedra Arguezdra, alias Magma donne son premier concert au Rock’n’roll Circus, où il est remarqué par le pianiste classique Karl Knutt qui se propose comme mécène.

De fait, Magma signe chez Philips et 1970, et publie un 1er album éponyme qui va créer une énorme polémique, impossible à résumer dans ce contexte. Les gens intéressés peuvent se référer au livre « Magma » de Philippe Gonin. 


Chansons de la 3ème partie : 1970-1977 Rock progressif français : Kobaïa is de Hündin

32:53 Bernard Verley; Catharsis            : Démocratie              : Arthur Rimbaud – Yves de Roubaix : 1972
36:51 Bernard Ilous; Patrice Décuyper : Non : Bernard Ilous; Patrice Décuyper : 1971
40:28 Magma                    : Kobaïa is de Hündin : Christian Vander : 1973

Magma - Kobaia1
Magma - Kobaia1
Alice - Arrêtez le monde
Alice - Arrêtez le monde
Full Moon ensemble
Full Moon ensemble

Histoire du groupe Alice

Alice est un groupe de rock français à l’existence brève et au personnel très fluctuant.
En 1969, après le festival d’Amougies où ils se sont rencontrés, Jean-Pierre Auffredo et Claude Olmos (Alan Jack Civilization) s’unissent à Sylvain Duplant et Jean Falissard (We Free). Alan Suzan les rejoindra plus tard en décembre,.
Le groupe Alice est alors créé, ce nom fait allusion au roman de Lewis Caroll « Alice au pays des merveilles ». Une chanson de leur premier 45 tours de 1970 « De l’autre côté du miroir » y fait d’ailleurs référence.

En 1971, premier changement de personnel d’Alice

En 1971, premier changement de personnel d’Alice : Bruno Besse (We Free) prend la place de Olmos et Doudou Weiss (Devotion) celle de Falissard.
Un premier album paraît chez Byg Records. Jacques Vassal en dira :

« Ce disque, enregistré dans un célèbre studio de Londres, Le Marquee, produit d’emblée une impression très favorable auprès des connaisseurs, en dépit d’une gravure et d’un pressage assez médiocres. Il reste un album plein d’inventions et d’originalité dans le choix des mélodies et de leur mise en valeur instrumentale ».

L’étiquette Byg étant confrontée à de gros problèmes financiers, le groupe doit s’arrêter avant d’avoir vraiment pu s’imposer. Néanmoins il fait paraître un nouveau 45 tours.

Reformation d’Alice en 1972

Mais, en 1972, Alain Suzan reforme le groupe avec Alain (Doudou) Weiss, Luc Bertin (orgue), Paul Semama (guitare) et Ian Jels (guitare).
Ainsi, à l’automne 1972 paraît le magnifique album, en bonne partie instrumental, « Arrêtez le Monde » chez Polydor.
Cet album est doublé d’une version anglaise titrée « All Ice », les titres chantés ayant été traduits par Ian Elfs.

Malheureusement le succès n’est pas au rendez-vous et le groupe se sépare définitivement. Cependant, avant de se séparer, ils participent à la comédie rock « Gomina » de 1974.

[ Source : Encyclopédie du rock français – Français si vous chantiez de Jacques Vassal – Recherches sur la toile ]

Discographie d’Alice

1970 Deux 45 tours : De l’autre côté du miroir & Le nouveau monde
Un 33 tours : Alice (Byg Records)
1971 Un 45 tours : Je voudrais habiter le soleil (Byg Records)
1972 Un 33 tours : Arrêtez le monde ( + une version anglaise All Ice) (Polydor)
Un 45 tours : Quelqu’un qui t’aime (Polydor)

Chansons de la 4ème partie : 1970-1977 Rock progressif français : Arrêtez le monde

46:41 Schizo; Gilles Deleuze : Le voyageur : Friedrich Nietzsche – Richard Pinhas : 1972
51:00 Full Moon Ensemble : Samba miaou (extrait) : Bob Kaufman – Joseph Dejean : 1970
55:29 Alice : Arrêtez le monde (1) : Alain Suzan : 1972

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