C.d.C #22 La chanson en Belgique en 1965 : Jean Yanne - Anne Sylvestre - Julos Beaucarne - Michel Aubert
La chanson en Belgique en 1965 Guerrologie & biérologie
La chanson en Belgique en 1965. Le milieu des années 1960 voit la disparition des reprises anglosaxonnes au profit de créations originales. En outre, l’apprentissage de l’anglais fait que les jeunes français commencent à préférer les originaux aux pâles copies françaises. De plus, la jeunesse, inquiétée par l’état du monde : crise des missiles à Cuba et irruption de la guerre au Vietnam commence à écouter les protest-songs qui agitent les États-Unis d’Amérique. Cela participe à un éveil d’une conscience politique. Une nouvelle génération assimile ces apports musicaux nouveaux et les intègre à leurs compositions et démode la précédente : les yéyés vont devoir se recycler ou disparaître.
Biographie Jean Yanne
Jean Gouyé, alias Jeanne Yanne, chantauteur, acteur, écrivain et réalisateur français, naît aux Lilas dans la région parisienne en 1933. Son père est ouvrier lithographe d’origine bretonne, sa mère travaille pour les grands couturiers.
Jean fait des études de journalisme qu’il abandonne rapidement et devient pigiste dans plusieurs journaux. Ses collègues se souviennent alors de ses talents d’amuseur et de provocateur. Ainsi, c’est sur les conseils de Bob du Pac qu’il abandonne le journalisme pour écrire et jouer des sketches dans les cabarets. Il prend alors le nom de scène de Jean Yanne, son breton de père l’appelant souvent Yann.
Jacque Canetti, le directeur des 3 Baudets dit de lui :
» Quelques secondes avant d’entrer en scène, il trouvait l’idée de nouveaux sketches qu’il débitait d’un ton las et qui provoquent l’hilarité de la salle à la surprise de ses partenaires pris a dépourvu. »
D’ailleurs en 1958, il débute sa carrière discographique par le 45 tours « La gamberge » (écoutable ici). Son passage à l’Olympia en 1959 fera l’objet d’un 25 cm « Chansons bonnes ou mauvaises« .
En outre en 1960 c’est sous le nom d‘Honzlagur Pompernickel et sa dame qu’il enregistre un 45 tours « Suivez le veuf… Le disque le plus triste de l’année » avec Pierre Doris.
En outre, il enregistre en 1961, un 45 tours parodique de rock’n roll sous le nom de Johnny Rock Feller et ses Rock Child ; Je n’suis pas bien portant, parodie de la chanson d’Ouvrard.
Finalement, en 1965 paraît le 45 tours « Rouvrez les maisons« .
Finalement, longtemps considéré comme un simple amuseur, Jean Yanne prend avec le temps la dimension d’un authentique critique des travers et des ridicules de son époque. Un Molière du XXe siècle.
Chansons de la 1ère partie : La chanson en Belgique en 1965 : Ses baisers me grisaient
02:10 Nana Mouskouri : Ses baisers me grisaient : Pete Seeger, Lee Hays, adapt. Boris Vian – Traditionnel irlandais : 1965
05:34 Jacqueline Dorian : Ils sont jeunes vos vingt ans : Jacqueline Dorian – France Olivia : 1965
08:31 Jean-Claude Bellecour : Une brune à l’endroit, une blonde… : Jean-Claude Bellecour : 1965
11:08 Jean Yanne : Avec Maria : Jean Yanne – Jean Yanne, Jean Baïtzouroff : 1965
13:10 Jean-Claude Massoulier : Les filles : Jean-Claude Massoulier – André Popp : 1965
Biographie de Anne Sylvestre
Anne-Marie Beugras, alias Anne Sylvestre, chantautrice française, naît à Lyon en 1934. Elle est la fille d’Albert Beugras qui fut le bras droit du collaborateur Jacques Doriot pendant l’occupation nazie.
Anne-Marie suit des étude chez les sœurs jusqu’en classe de philo. Puis prépare une licence de lettres à la Sorbonne qu’elle abandonne pour se consacrer à la chanson.
En effet, à la fin des années 1950, elle commence à chanter à l’école de voile des Glénans pour les copains. Finalement, morte de trouille, elle se présente au cabaret La Colombe. Malgré sa présentation déplorable (elle garde son anorak, les cheveux lui tombent sur les yeux et elle chante avec un filet de voix) Michel Valette remarque la qualité de son répertoire et l’engage. Valette la conseillera habilement et Anne fera de rapide progrès.
Débuts de la carrière d’Anne Sylvestre
En fin de compte, en 1959, Jacques Canetti qui lui avait affirmé qu’elle ne serait jamais une interprète l’engage pour l’opération Opus 109 (sang neuf) et lui ouvre les portes des studios Philips.
Ainsi , la voilà régulièrement à l’affiche des 3 Baudets. Cependant, elle est quand même obligée de courir le cachet :
« … en jupe plissée et ciré jaune avec trois couches de pulls en dessous… À sept francs le passage, il fallait chanter dans plusieurs endroits !… »
En conséquence, après deux 45 tours en 1959 & 1960, Anne Sylvestre enregistre un album 33 tours pour les adultes par an entre 1961 et 1965. En 1962 paraît le premier album des fabulettes.
Son deuxième album est postfacé par Georges Brassens :
« … Petit à petit, en prenant tout son temps, sans contorsions grâce à la qualité de son œuvre et à la dignité de son interprétation, elle a conquis ses adeptes, ses amis, un à un et définitivement…. »
Enfin, en 1965 elle fait paraître « Lazare et Cécile » son 6ème album 33 tours.
Chanson de la 2ème partie : La chanson en Belgique en 1965 : Guerrologie
17:23 Christian Arabian : Guerrologie : Christian Arabian : 1965
19:30 Anne Sylvestre : Le jour où ça craquera : Anne Sylvestre : 1965
22’06 Pia Colombo : Soir de mai : Maurice Fanon : 1965
25:28 Gribouille : Les roses barbelées : Gribouille – Jo Moutet : 1965
27:09 Jacques Yvart : We shall overcome : Zilphia Horton, Frank Hamilton, Guy Carawan, Pete Seeger, adapt. Jacques Yvart, Gaston Belby : 1965
La chanson en Belgique en 1965 : Biographie de Julos Beaucarne
Enfance et scolarité de Julos Beaucarne
Jules Beaucarne, alias Julos Beaucarne, chantauteur, poète, écrivain et sculpteur belge naît à Bruxelles en 1936. Mais, il grandit à Écaussines, un bourg francophone relativement important du Hainaut, son père y est vendeur de machines agricoles.
Cependant le petit Jules passe ses vacances dans la ferme de ses grands-parents maternels à Steinkerque, à la campagne. C’est là qu’il sera profondément influencé par le spectacle de la nature :
« On croyait aux sorcières, on élevait des cochons. Pour aller deux heures loin, on allait encore à pied […]
Je me souviens d’odeurs de pain et de beurre, du bruissements des insectes dans les herbages, des récits de mon grand-père racontant ses découvertes d’ossements et de boulets durant les labours… »
Néanmoins Jules est nettement moins intéressé par l’enseignement prodigué par l’école communale d’Écaussines puis par le collège religieux de Soignies. Plus tard, il entreprend des études de lettres, puis de philologie romane et commencera une formation d’assistant social avec un dilettantisme proche de l’ennui.
Le monde professionnel ne l’enthousiasme pas davantage. Prof de guitare, moniteur de gym, monteur d’antenne TV, assureur… les petits métiers se succèdent, en attendant mieux.
Début de la carrière artistique de Julos Beaucarne
Cependant, un jour Beaucarne apprend qu’un théâtre est à la recherche d’un mime. Jules a été l’élève du maître hongrois Stig Gerson, il connait donc les rudiments de l’expression corporelle. Il est engagé :
« Bien vite cependant je suis devenu le musicien de service… Mes camarades ayant remarqué ma guitare, je fus « réquisitionné » pour écrire de la musique d’ambiance. Petit à petit, on me demanda d’interpréter un rôle ici et là de composer quelques chansons… »
En effet Jules ne manque pas de chansons , en 1961, alors qu’il est en vacances en Provence, sa vieille Peugeot tombe en panne. Pour en financer la réparation, il est ainsi amené à se produire sur les place de village, comme les baladins d’autrefois, en prenant un réel plaisir au contact du public. En effet, les touristes en villégiature dans le Midi ne rechignent pas à encourager ce jeune homme qui interprète Ferré et Brassens « à l’ancienne« . Il y retournera l’été suivant avec d’autres chansons et une guimbarde un peu plus fringante. C’est dans le midi que Jules / Julot deviendra Julos.
En outre, en 1964 à Bruxelles, son point d’attache, le Théâtre de l’Alliance vient de lui commander un 45 tours reprenant les chansons de la pièce d’Henry Sauvage « Une poire pour la mort« . De même, un deuxième 45 tours autoproduit paraît en 1965.
Puis, sur les conseils de celle qui est devenue sa compagne, Louise-Hélène dite Loulou, Julos part conquérir Paris.
Ainsi, Julos débute en 1966 sur la Butte Montmartre dans le cabaret de Monique Morelli « Chez Ubu« . L’ambiance parisienne ne lui plaît qu’à demi mais une porte est désormais ouverte. De surcroît, Beaucarne chante aussi à la « Vieille grille » où il côtoie le trio infernal Higelin-Rufus-Fontaine.
Après être passé au Cheval d’or, Julos met le cap sur la Normandie où il remporte le premier prix des Rencontres poétiques du Mont Saint-Michel.
Chanson de la 3ème partie : La chanson en Belgique en 1965
32:11 Eddie Defacq : Paysans : Jules Marescaux – Eddie Defacq : 1965
35:17 Jacques Brel : Mijn Vlakke Land (le plat pays) : Jacques Brel, adapt. Ernst Van Altena : 1965
38:07 Jacques Hustin : Les journaliers : Jacques Hustin : 1965
40:08 Julos Beaucarne : Les oiseaux ne volent plus : Julos Beaucarne : 1965
42:00 Louise Lava : Tante Agnès : Louise Lava : 1964
Biographie de Michel Aubert
Michel Aubert, instituteur et chantauteur français naît à Bourg-d’Oisans en 1930. De 1958 à 1963, il passe au cabaret La Colombe où il chante les poètes qu’il met en musique : Jean L’Anselme, Luc Bérimont, Sani, etc…
De plus, la journée, il est instituteur à Port-Marly. Sympathique et talentueux, il séduit quelques artistes qui interprètent alors ses chansons, par exemple Marie Laforêt reprend
« Les jeunes filles » dans son disque « Les vendanges de l’amour. Mais aussi beaucoup d’autres : Béatrice Arnac, Francesca Solleville, Jacques Douai, Jacques Marchais, James Ollivier, Les Quatre Barbus & Marc Ogeret. Du beau monde….
Lorsque Michel Aubert met un poème en musique, ce n’est pas que de la poésie chantée mais une vraie chanson, légère et rythmée. Il inspire à Agnès Capri cette très jolie réflexion :
» Ce cœur qui chante a la pudeur de l’humour. »
De plus, Michel Aubert est le premier artiste français à être diffusé en direct outre-Atlantique, grâce à Telstar, la première liaison télévisée par satellite. Des cameramen sont venus le filmer pendant qu’il répétait aux studios de Cognac-Jay avant un passage dans l’émission de Michèle Arnaud « Histoire de Sourire ». Il est donc connu aux États-Unis d’Amérique avant de l’être en France.
Finalement, Michel passe à l’École Buissonnière, au Petit Pont ainsi qu’à la Contrescarpe; puis ses classes étant faites, dans les music-halls Bobino et Pacra.
Chansons de la 4ème partie : La chanson en Belgique en 1965 : Ballade du petit jour français
47:13 Michel Aubert : Ballade du petit jour français : Luc Bérimont – Michel Aubert : 1964
50:02 Pierre Louki : Mes deux voisins : Ballade du petit jour français : 1965
54:03 Isabelle Aubret : L’espoir : Michelle Senlis, Claude Delécluse – Alain Goraguer : 1965
56:41 Paul Louka : Les Américains : Paul Louka : 1965