C.d.C.#50 1974 Ubu au pouvoir : Dick Annegarn – André Georgian – Frédérik Mey – Guy Demaysoncel

Podcast 1974 Ubu au pouvoir
Le chant de l'histoire
C.d.C.#50 1974 Ubu au pouvoir : Dick Annegarn - André Georgian - Frédérik Mey - Guy Demaysoncel
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C.d.C.#50 1974 Ubu au pouvoir : Dick Annegarn - André Georgian - Frédérik Mey - Guy Demaysoncel

1974 Ubu au pouvoir : Contexte historique

Ubu au pouvoir. En 1974, l’élection de Valéry Giscard d’Estaing à la présidence de la République marque un coup d’arrêt dans les réformes sociales en faveur des classes populaires.
Certes sous son septennat furent adoptées des lois sociétales liées à la condition féminine et à l’abaissement de l’âge de la majorité.
Néanmoins le libéralisme du nouveau président ne franchit pas les portes des entreprises.


L’insubordination ouvrière entraîne des formes de résistance moins spectaculaires que les grèves, mais tout aussi efficaces : l’absentéisme, le  » turn over « , le sabotage contribuent à faire chuter la productivité des entreprises et donc le taux de profit.
C’est pour cela que le patronat doit accepter de prendre au sérieux la critique du taylorisme.
Ses éminences grises lui conseillent alors de remplacer le mot « ouvrier » par « opérateur » puis d’imposer peu à peu la « flexibilité »…

[ source Monde Diplomatique ]


Biographie de Dick Annegarn : Ubu au pouvoir

Enfance et formation de Dick Annegarn

Benedictus Albertus Annegarn, alias Dick Annegarn, est un chantauteur néerlandais qui chante principalement en français. Il naît en 1952 à La Haye.. Mais lorsqu’il a six ans, la famille déménage à Bruxelles, son père étant traducteur pour le Marché Commun.
Ainsi, le petit Benedictus y fréquente l’École européenne :

« On y était regroupé par nationalités. L’enseignement se faisait dans la langue maternelle. Le français, je l’ai surtout appris dans les cours de récréation »

Ensuite, il s’inscrit en faculté d’agronomie à l’Université de Louvain. Il commence alors à apprendre la guitare sur celle de son frère et à écrire des textes de son cru, d’abord en anglais.
Finalement, il choisit le français et s’installe à Paris en 1972.

Début de Dick Annegarn au Centre Américain de Paris

Après avoir chanté aux terrasse des bistrots et dans les couloirs du métro, Dick (c’est ainsi qu’il se fait maintenant appeler) fréquente les hootenannies du Centre américain du boulevard Raspail.
Ainsi, chaque mercredi soir, il y croise des vedettes en herbe (Bill Deraime et Hervé Cristiani notamment). Il y présente déjà un répertoire des plus insolites. Jacques Vassal en dira :

« Son style de guitare est heurté et très « rentre-dedans », brouillon mais brillant toujours. Et il progresse aussi vite qu’il joue. Annegarn chante d’une voix plutôt rauque et râpeuse, avec de temps à autre des intonations à la Richie Havens, des histoires d’un comique incroyable ( Le rasoir). Blues, rock ou folk, on ne sait plus très bien, mais peu importe : le Hollandais volant est sur orbite ! ».

Dick Annegarn enregistre son 1er album

Présenté par Maxime Le Forestier à Jacques Bedos (Polydor), Dick Annegarn enregistre bientôt son premier album qui parait en 1974.
Mais on le contraint à enregistrer ce qu’il considère comme de simples exercices de style : Bébé éléphant et Sacré géranium. Malgré ces pochades, un titre remporte l’adhésion du public : Bruxelles.
Néanmoins, la maison de disque ne considère Dick Annegarn que comme « le hippie de service » et lui suggère le port d’une boucle d’oreille…

« La marginalité, au bout du compte, devenait une opération de marketing. Renaud et Lavilliers commençaient à faire de l’argent.. On rêvait partout de rafler le pactole sur le dos des artistes, sans pout autant prendre trop de risques.
Enregistré dans de mauvaises conditions, en trois jours à peine, mon disque, par exemple, n’avait coûté que trois briques, trente mille francs… Pour le second, j’ai donc réclamé une mise de fond comparable à ce qui se faisait à l’époque. Pour toute réponse, on m’a rétorqué sans état d’âme que c’était trop cher pour un alibi culturel ! ».

La même année paraît son 21ème album  » Je te vois » dont les arrangements sont très marqués par l’influence funeste des variétés.

[sources : Chorus n° 22 – Français si vous chantiez de Jacques Vassal ]

Chansons de la 1ère partie : Ubu au pouvoir

02:51 Henri Tachan         : Le grand méchant loup   : Henri Tachan : 1974
05:42 Catherine Ribeiro : La petite fille aux fraises : Catherine Ribeiro – Patrice Moullet : 1974
10:46 Gilles Servat          : Litanies pour l’an 2000    : Gilles Servat : 1974
14:08 Dick Annegarn      : Ubu                                     : Dick Annegarn : 1974

Dick Annegarn
Dick Annegarn - Sacré géranium
Dick Annegarn - Sacré géranium
André Georgian en Algérie
André Georgian en Algérie
André Georgian
André Georgian - Enregistrement en studio
André Georgian - Enregistrement en studio

Biographie d’André Georgian

Enfance et formation d’André Georgian

André Poliautre, alias André Georgian, chantauteur français naît en 1939 à Lille dans une famille modeste. Son père est un ouvrier, libre penseur, amateur de belles-lettres et anticlérical. Sa mère, une pure ch’timi est croyante mais subtile et dotée d’un bel humour. La famille vit dans le quartier ouvrier de Fives. Pendant la guerre, ce quartier a été bombardé et éventré par les Allemands en raison de son activité industrielle.

Amoureux des mots dès son plus jeune âge (grâce à la bienveillance et aux encouragements de deux maîtres d’école qui lui font découvrir Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, Verhaeren…), André se met à écrire à l’âge de 8 ans. Un besoin précoce et essentiel de s’exprimer, comme il le dira souvent.
Sensible également à la musique et plus particulièrement à la chanson, il chante dans les années 1950 au Cercle Saint Louis où il remporte (déjà) des concours.
Et, à 12 ans, sur un poste à galène il écoute tout ce qui passe dans ses écouteurs : opérettes, informations, pièces radiophoniques, concerts classiques, chanteurs…

En outre, vers l’âge de 14 ans, il découvre, sur les ondes d’Europe 1, le jazz de Louis Armstrong (dont il écrira : « Cher Louis, tu as éclairé ma vie avec le soleil cuivré du jazz ») ainsi que Django Reinhardt.
De même il se passionne pour la guitare, par l’intermédiaire d’un certain Arthur Smith et de son fameux titre « Guitar Boogie » (qui tournait en boucle à l’époque dans les juke boxes).

André Georgian crée un premier groupe

Ainsi, 3 ans plus tard, André Poliautre (pas encore Georgian) crée un premier groupe qui chante des airs dans le style scout et country. Remarqué par la Maison Berger (apéritifs), il touche alors ses premiers cachets qui lui permettent l’achat de sa toute première guitare.

Mais, en juillet 59, il est appelé à l’armée. Sportif et curieux, il a eu l’opportunité de réaliser ses premiers sauts à Lille grâce à une préparation militaire. Il rejoint donc le 13ème Régiment de dragons parachutistes à Tarbes. Il y emmène sa guitare et fait l’apprentissage du swing aux côtés de deux autres appelés, un clarinettiste et un batteur de jazz dans le civil. Les Jex Brothers sont nés. Puis c’est l’Algérie et il restera marqué à vie par la guerre.
De cette expérience, il rapportera une superbe mélodie traditionnelle entendue à la radio. Il l’apprendra à la guitare et l’appellera « Sahara 61 »

De retour en France après 28 mois d’Algérie, il intègre en décembre 1962, l’orchestre « Blue Soul Stompers » fondé et dirigé par le clarinettiste Gérard Delsalle, qui fut aussi le créateur du Hot club de Lille.
Les Blue Soul Stompers sont engagés en novembre 1963 pour jouer au cours de la Nuit des Arts et Métiers en compagnie du trompettiste américain Peanuts Holland.
C’est lors de cet événement qu’il rencontre Danielle. Ils se marient en 1965 et fondent une famille. Dans son livre « Qu’est-ce qu’une vie dans la galaxie du temps » (hommage à Danielle édité par la ville de Lille en 2013), André écrira :

« J’étais artiste, mais grâce à toi, je le suis devenu à temps complet ».

André Georgian participe à la finale de la « Fine fleur de la chanson française »

C’est ainsi qu’en 1967, remarqué à Paris par le poète Luc Bérimont, André chante ses premières chansons (« Pépé », « Dadidou ») en première partie du concert de Félix Leclerc à Bobino, lors de la finale de la « Fine fleur de la chanson française ».

Puis, en 1968, il participe à divers concours et tournois de chansons en Belgique et en France et obtient la 3ème place au Grand prix de la jeunesse organisé par La Voix du Nord pour sa chanson « Ballade à Pierrot ».

Il devient auteur-compositeur-interprète professionnel en 1969. Et se choisit alors le nom de Georgian, en hommage au grand Georges Brassens, l’un de ses maîtres.

Carrière artistique professionnelle d’André Georgian

Dès 1971 André Georgian entame des tournées dans l’Hexagone, ainsi qu’en Belgique, Allemagne, Hollande, au Luxembourg et en Suisse. Sur scène, il croise de nombreux artistes : Mouloudji, François Béranger, Isabelle Aubret, les jazzmen Stéphane Grapelli, Marc Laferrière, Maxime Saury…

On commence à l’entendre sur les ondes, de Radio Quinquin (radio pirate de la CGT dans le Nord) à Europe 1, en passant par France Culture. On le voit aussi plusieurs fois sur FR3.

Enfin, en 1973, André enregistre son premier 33 tours « Vivre en 73 » produit par Roger Auffrand et sa maison de disques « L’oiseau bleu ». En 1974 suit un deuxième album, « L’oiseau du nouvel âge ». Ses chansons témoignent pour certaines d’une époque (« Vivre en 1973…, mon Dieu c’est compliqué »). Mais beaucoup sont intemporelles, comme « Le vigneron » qui aurait certainement plu à Brassens.

En mai 1975, Il est programmé en première partie de Claude Nougaro au palais Rameau de Lille. Ce dernier est accompagné de son pianiste Maurice Vander, qui, lui-même a joué avec Django Reinhardt. André écrira plus tard : « Vous imaginez mon bonheur, je me produisais sur la même scène que celui qui représentait pour moi le sommet de la chanson française ».

Militant, André participe à la création d’ « Action Chanson », ainsi qu’à de nombreux meetings du PS, du PC, du PSU. On l’applaudit à la « Fête de l’Humanité » en 1977.

Discographie d’André Georgian

1973 Un 33 tours : Vivre en 73… (L’oiseau Bleu)
1974 Un 33 tours : L’oiseau du nouvel âge (L’oiseau Bleu)

Documents biographiques

Biographie fournie par la famille d’André Georgian

Présentation d’André Georgian par lui-même

[source : famille d’André Georgian (merci à elle ! ) ]

Chansons de la 2ème partie : Ubu au pouvoir : Journée porte ouverte en enfer

18:40 André Georgian     : Journée porte ouverte en enfer : André Georgian : 1974
21:20 Marie-Paule Belle  : Deux heures du matin                 : Françoise Mallet-Joris, Michel Grisolia – Marie-Paule Belle : 1974
24:18 Pia Colombo          : Menus propos              : Maurice Fanon – Gérard Jouannest : 1974
26:16 Mélina Mercouri   : La veuve du colonel     : Henri Meilhac, Ludovic Halévy – Jacques Offenbach : 1974

 
 
 

Biographie de Frédérik Mey

Enfance et formation de Frédérik Mey

Reinhard Friedrich Mey, chantauteur bilingue germano-français, naît à Berlin en 1942. Son père est avocat, sa mère institutrice.
Très jeune, Reinhardt s’intéresse à la musique et apprend le piano, la guitare et la trompette de façon autodidacte. Il est élève au Collège français de Berlin où il crée un groupe de musique skiffle influencé par le folk étatsunien., le « Rotten Radish Skiffle Guys ».

Puis, à 19 ans, après avoir passé le baccalauréat français et son équivalent allemand, l’Abitur. Il est engagé dans un laboratoire berlinois avant d’entreprendre des études en management qu’il abandonne très vite. Il forme alors un autre groupe « Les Trois Affamés » mais il décide assez vite de se produire en solo sur les scènes allemandes sous le nom de Reinhardt Mey.

Début de la carrière artistique française de Frédérik Mey

C’est ainsi qu’en 1967, il représente l’Allemagne à la Coupe d’Europe du Tour de Chant organisée à Knokke-Le-Zoute (Belgique). L’équipe allemande affronte alors celles de Grande-Bretagne, de France, de Belgique et des Pays-Bas. Les allemands se classent cinquième sur six mais sa prestation vaut à Reinhardt de signer un contrat avec le producteur français Nicolas Péridès.

Pour la France, comme nom de scène, il décide de franciser son deuxième prénom (Friedrich) en Frédérik. Un premier 45 tour paraît cette année-là : La mort du pauvre homme.

La production discographique de Frédérik Mey ne rencontrera pas de grands succès mais elle sera appréciée par les amateurs de bonne chanson. En effet, Frédérik apporte un soin tout particulier à la qualité de ces textes pleins d’humour. Cependant, la causticité de certaines chansons a dû gêner l’extrême sensibilité servile de quelques programmateurs…

Discographie française de Frédérik Mey

1967 Un 45 tours : Vol.1 La mort du pauvre homme (Péridès)
1968 Un 45 tours : Vol.2 C’était une bonne année je crois (Péridès)
1970 Un 45 tours : Une cruche en pierre (Péridès)
1972 Un 33 tours : Vol.1 Approche ton fauteuil du mien (compil + 3 inédits) (Péridès)
1972 Un 33 tours : Vol.2 Les bulles de savon (Péridès)
1974 Un 33 tours : Vol.3 Les lumières se sont éteintes (Péridès)

[source : Internet ]

Chansons de la 3ème partie : Ubu au pouvoir : La mappemonde

32:41 Glenmor                : Le temps de la colère                            : Glenmor : 1974
36:14 Anne Vanderlove : Quand Vietnam s’appelait Indochine : Anne Vanderlove : 1974
39:39 Frédérik Mey        : La mappemonde                                    : Frédérik Mey : 1974
41:57 Julos Beaucarne  : Je me souviens /                                      : Julos Beaucarne
42:15                               : À vous mes beaux messieurs /             : Nazim Hikmet, adapt. Hasas Gureh – Julos Beaucarne
44:10                               : Une zone de haute pression                : Julos Beaucarne : 1974

 

Frédérik Mey
Frédérik Mey
Frédérik Mey
Guy Demaysoncel en 1969
Guy Demaysoncel en 1969
Guy Demaysoncel en 1974
Guy Demaysoncel en 1974

Biographie de Guy Demaysoncel

Guy Demaysoncel, chantauteur français, naît en 1946 à Maisoncelles-du-Maine. Très jeune il est intéressé par le cirque :

« Gamin, j’ai assisté à une représentation de cirque. C’était en 1965. Ça m’a chamboulé. J’ai tout de suite été attiré par les gens du voyage et du spectacle, les saltimbanques en quelque sorte ».

D’abord, à l’école, avant le plaisir de lire il découvre celui d’écrire. Un plaisir formel : celui de laisser vagabonder la plume sur une feuille blanche, de jouer avec elle.
Néanmoins, pour rassurer ses parents, il passe un CAP de photographe. Ce qui ne l’intéresse pas du tout.
Le goût de la scène le taraude (il fait le clown aux côtés de son ami, Jacques Texier) et commence l’apprentissage de la guitare à 17 ans.
Puis il s’essaie dans les radios crochets. Amoureux des mots, qu’ils soient poésie ou prose, Guy compose, gratte chante et convainc.
Les exigences de plume de René Char et de Flaubert le séduisent et vont le conduire à travailler le vocabulaire et la syntaxe de façon aussi sérieuse qu’un numéro de cirque.

Début de la carrière artistique de Guy Demaysoncel

En 1968, Guy fait paraître un premier 45 tours « Les Bohémiens ! » mais il est également clown blanc et animateur lorsqu’il expose ses maquettes de cirque :

« pour faire découvrir l’émotion de ce vide circulaire du lendemain qui laisse la place au rêve et à l’espoir ».

En 1970, Guy est finaliste des « Numéros 1 de demain ». De fait, cela lui vaudra de chanter à l’Olympia au cours d’un Musicorama consacré à Michel Polnareff.
Chanteur d’écriture avant tout, Demaysoncel privilégie le voyage intérieur. Comme au trapèze, les enchaînements se succèdent pour créer l’image et le mouvement. D’après lui, le dénominateur commun entre l’écriture et le cirque est l’errance.

Discographie « vinyle » de Guy Demaysoncel

1968 Un 45 tours : Les Bohémiens ! (Choravox)
1969 Un 45 tours : Le faire-part (Choravox)
1974 Un 33 tours : Chansons d’outre cordes (La Clepsydre)
1982 Un 33 tours : Parole océane (La Clepsydre)
1988 Un 45 tours : Aura (La Clepsydre)

 

Chansons de la 4ème partie : Ubu au pouvoir : La tête qu’on a

47:32 Guy Demaysoncel               : La tête qu’on a                               : Guy Demaysoncel : 1974
50:17 Jean-Marie Vivier                 : Réveil                                               : Jean-Luc Juvin : 1974
52:56 Francesca Solleville             : L’homme rouge est dans la ville : Jean-Max Brua : 1974
55:53 Jacques-Emile Deschamps : L’estaque                                        : Lluís Llach adapt. Jacques-Emile Deschamps : 1974

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